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En 1829, Victor Hugo publie Les Orientales. Dès la préface de son recueil, le poète nous rappelle que l’Orient, éblouissant par ses couleurs pourpres et ocres, incandescent par sa palette chromatique d’or et de feu, occupe toutes les pensées et les rêveries de ses contemporains. Avec l'exposition Les Orientales, une centaine d’œuvres exceptionnelles - peintures, sculptures ou dessins -, sont réunies du 26 mars au 4 juillet 2010.

 

(Tableau ci-dessous: Delacroix, Les massacres de Scio, 1827)

Les poèmes ont la célérité et le moiré des sabres d’acier, la palpitation d’un reflet nacré sur la chair des odalisques, et la noirceur qui s’allume dans la prunelle des spahis. Le corps à corps rythmique et sensoriel de cette langue poétique bat à l’unisson de tous les soupirs, de tous les cris, de tous les chants des héros grecs, des sultans vaincus, des pachas cruels, des captives et des guerriers sur leurs « cavales échevelées »...

Qui départagera l’Orient de l’Occident ? Et l’autre de soi-même ? « Tout vacille et se peint de couleurs inconnues ».


Cette matière chromatique et sonore du Verbe hugolien trouve son écho comme sa réverbération dans l’orientalisme naissant de Géricault et de Girodet puis de Delacroix, de Descamps, de Colin, de Boulanger, de Chassériau. Car l’Orient de l’âme, obscur et éblouissant à la fois, est commun à toute une génération d’écrivains et d’artistes.

 


Les 4 parties de l’exposition sont une invocation :

Aux grands précurseurs que sont les poètes, explorateurs, voyageurs et conquérants confondus : Bonaparte et son expédition – l’Egypte ! L’Egypte ! –, Chateaubriand dont l’« Itinéraire de Paris à Jérusalem et de Jérusalem à Paris » ouvre le chemin de tous les voyages en Orient des peintres et écrivains du XIXe, Lord Byron, dont l’engagement en faveur des grecs et les épopées orientales entraînent tout le Romantisme européen dans la course (Delacroix, Ary Scheffer, Géricault).

A l’actualité de la guerre d’indépendance de la Grèce contre les Turcs (Delacroix, Ary Scheffer, Descamps, Diaz de la Pena, Géricault, David d’Angers) qui occupe toute la première partie du recueil, poèmes guerriers, emportés par l’élan de figures héroïques. Un ensemble exceptionnel de portraits (Girodet-Géricault, Delacroix-Bonnington-Monsieur Auguste), pour la première fois réunis, rend compte de la fascination des peintres, autour des années 1820-1830 pour l’ardeur sombre de la figure de l’oriental.

 

A une certaine grâce sauvage … Paru à Londres en 1819, le poème de Byron Mazeppa s’impose en figure épique de l’Inspiration – «Génie, ardent coursier » ! (Victor Hugo). Fauves, étalons et cavaliers transfigurent la beauté farouche en substance tangible du poème ou de la peinture (Géricault, Delacroix, Boulanger, Vernet, Barye).

 

Au sortilège du harem et des belles captives – de la « captive » à la « Nourmahal la Rousse », de « Sara la baigneuse » à « Lazzara », le miroitement des sons et des couleurs lève le voile sur « cet obscur objet du désir»  (Delacroix, Colin, Deveria, Boulanger, Chassériau)

 

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