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Homélie à la Paroisse Catholique du « Saint Laurent » du Var (06)

 

et de  « Notre Dame de l’Assomption »

 

Le  10  mars 2007.

 

 

          Pour la Paix du monde entier, la stabilité de la Sainte Eglise de Dieu et l’union de tous, prions le Seigneur. 

 

          Ayant demandé l’unité de la foi et la communion du Saint-Esprit confions-nous les uns les autres, et toute notre vie au Christ, notre Dieu.

 

            Voila ce que notre Eglise Orthodoxe, évoque dans sa Divine Liturgie, lors de tous ces Offices.

 

 

            Cher père André, chers frères et sœurs dans le Christ,

 

            «Béni soit le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bé­nédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ» (Ep 1,3).

 

            « Béni soit le Dieu Trinitaire qui a guidé nos efforts pour rassembler nos Eglises sœurs en cette prière vespérale. C'est dans le même esprit de profonde action de grâce que nous sommes réunis ce soir.

 

            Toute mission, tout service chrétien, toute la dé­votion que les martyrs et les saints peuvent apporter, commence par la doxologie. C'est également par là que commence mon homélie: par l'adoration et par l'action de grâce à Dieu pour tout ce qu'il nous a donner.

 

            «Si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 19).

 

            Cette assurance solennelle de Jésus à ses disciples soutient également notre prière. «Que tous soient un, pour que le monde croie ». Nous le faisons nous aussi aujourd'hui ici, en harmonie avec une grande multi­tude dans le monde. En effet, la prière «pour l'union de tous » concerne selon des formes, des temps et des modes différents, tous les Chrétiens, les catholiques, les orthodoxes et les protestants, rassemblés par la foi en Jésus Christ, unique Seigneur et Sauveur.

 

            La prière pour l'unité fait partie de ce noyau cen­tral qui appelle «l'âme de tout l'œcuménisme», un noyau qui comprend précisément les prières publiques et privées, la conversion du cœur et la sainteté de vie. Cette vision nous ramène au centre de la question œcuménique qui est l'obéissance à l'Évangile pour accomplir la volonté de Dieu, avec son aide néces­saire et efficace. Nous informons les fidèles chrétiens en déclarant: «Plus étroite, en effet, sera leur communion avec le Père, le Verbe et l'Esprit Saint, plus ils pourront rendre intime et facile la fraternité mutuelle.

 

            Les éléments qui, malgré la division persistante, rassemblent encore les chrétiens, offrent la possibilité d'élever une prière commune à Dieu. Cette communion dans le Christ soutient tout le mouvement œcu­ménique et indique le but même de la recherche de l'unité de tous les chrétiens dans l'Église de Dieu. Cela distingue le mouvement œcuménique de tout autre initiative de dialogue et de relations avec les autres religions et idéologies.

 

Les prières communes qui se déroulent dans le monde entier, en particulier au cours de cette période, expriment en outre la volonté d'engagement commun pour le rétablissement de la pleine communion de tous les chrétiens. Ces prières communes sont «sûrement un moyen efficace de demander la grâce de l'unité». Avec l’ affirmation, que dit Jésus à ses dis­ciples, auxquels il assure que si deux personnes s'unissent sur terre pour demander quelque chose au Père qui est dans les cieux, il l'accordera «car», là où deux où trois sont réunis en son nom, il est au milieu d'eux. Après la résurrection, il assure encore qu'il sera toujours avec eux «pour toujours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 20). C'est la présence de Jésus dans la communauté des disciples et dans notre prière, qui en garantit l'efficacité. Au point de pro­mettre que «tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur terre sera tenu au ciel pour délié» (Mt 18, 18).

 

            Une telle prière œcuménique révèle la réalité de notre fraternité dans le Christ, et nous pousse à confier à son amour miséricordieux l'avenir de notre unité et la consolidation des liens qui nous unissent déjà. Lorsque nous prions ensemble, nous le faisons «en aspirant à une Église de Dieu, une et visible, vraiment universelle, envoyée au mon­de entier pour qu'il se convertisse à l'Évangile et qu'il soit ainsi sauvé pour la gloire de Dieu. Nous sommes réunis dans une priè­re commune devant notre Père unique, en étant re­connaissants et en rendant grâce pour notre véritable, bien qu'imparfaite, communion. Nous développons notre conscience de tout ce qui nous unit, et nous ac­quérons le courage d'œuvrer avec toujours plus d'ar­deur pour surmonter les divisions qui demeurent.

 

            Le dessein du Père est de « ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres» (Ep 1, 10). Le manque d'unité parmi les chrétiens est clairement en contradiction avec ce dessein divin. Mais en vertu de la miséricorde du Pè­re, l'Esprit Saint, en particulier au cours de ce siècle, a apporté un changement qui a conduit de nombreux chrétiens à prendre part au mouvement œcumé­nique, «non seulement pris un à un, mais aussi ré­unis en communautés dans lesquelles ils ont entendu l'Évangile».

 

            La recherche de l'unité chrétienne n'a pas été en­treprise uniquement pour des raisons pragmatiques ou de commodité. Tout simplement, nous savons que telle est la volonté de Dieu, et nous nous efforcerons de rendre gloire à son nom en lui obéissant.

 

            Il y a  plus des 40 ans, que l'Église catholique et l’Eglise Orthodoxe, poussées par l'Esprit Saint, se sont engagées avec détermination sur la voie qui de­vait conduire à la restauration de l'unité. C'est un voyage qui s'est révélé plus difficile que l'on ne le pen­sait au début. Malheureusement, nous devons faire face à des désaccords qui ont surgi depuis que nous avons entamé ce dialogue. Ce problème souligne clairement la nécessité d'atteindre un accord sur la façon dont l'autorité de l'Église dis­cerne l'enseignement et la pratique qui constituent la foi apostolique qui nous a été confiée.

 

            Les divisions entre chrétiens sont un signe d'infidélité à la volonté du Seigneur et jettent une ombre sur l'identité des disciples du Christ. Mainte­nant que nous sommes entrés dans le troisième mil­lénaire, il nous faut montrer avec résolution l'engage­ment de l'Église dans la promotion de l'unité, car nous sommes conscients que si nous ne cherchons pas ardemment à être fidèles à l'intense prière du Sei­gneur «que tous soient un », nous risquons d'affaiblir notre identité chrétienne et notre crédibilité dans la proclamation de l'Évangile de paix et de réconcilia­tion. La division des chrétiens souvent sépare des peuples vivant côte à côte, s'aimant réciproquement et, sur des points essentiels, partageant la même foi en Christ et dans le baptême.

 

            Que le désir ardent de l'unité ait sa place dans nos activités pastorales. En particulier, continuons notre réflexion et notre engagement sur des thèmes d'inté­rêt commun en priant et agissant ensemble quand ce­la est possible! Car dans cet esprit un grand espoir favorisera une atmosphère fraternelle entre les Églises et les Communautés ecclésiales, afin qu'elles progres­sent sereinement, dans la confiance et le respect mu­tuel vers l'unité tant désirée.

 

            Conscients de notre foi commune dans le Dieu Trinitaire, partagée dans le baptême, l'Église catholique et l’Église Orthodoxe recherchent des moyens de coopérer de façon toujours plus efficace dans la tâche de témoigner de l'amour divin de Dieu. Après 40 ans de collaboration fructueuse, nous nous réjouissons de poursuivre cet itinéraire d'espérance et de promesse, tandis que nous intensifions nos efforts en vue de parvenir à ce jour où les chrétiens seront unis pour proclamer à tous, le message salvifique de l'Évangile. Tandis que nous parcourons cette route ensemble, nous devons être ouverts aux signes de la Divine Providence et à l'inspiration de l'Esprit-Saint, car nous savons que « ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Église du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines. Nous ne pla­çons donc notre confiance que dans la prière du Christ lui-même: «Père saint, garde mes disciples dans ton nom que tu m'as donné en partage, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes ». Amen.

 

                                                                                              Archiprêtre Michel  Seliniotakis

                                                                                              Délégué pour l’œcuménisme

                                                                                              pour le Sud-est de la France

 

 

 

Tag(s) : #Culte Orthodoxe - Ορθόδοξη Λειτουργία

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