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SYNAXE DES TROIS HIERARQUES
ET DOCTEURS UNIVERSELS  

BASILE le GRAND, 
GRÉGOIRE le THÉOLOGIEN 
et JEAN CHRYSOSTOME
 
 
30 janvier

Des pieux savants au 12ème siècle, se disputant pour savoir lequel des trois était le plus grand (nous l’avons déjà entendu dans l’Evangile), on eut recours au saint et docte évêque Jean, métropolite des Euchaïtes, pour résoudre la question.

 

Celui-ci pria et, la nuit suivante, au cours d’une vision des trois saints, ceux-ci lui enjoignirent d’arrêter la dispute : « Nous sommes égaux devant Dieu, il n’y a pas de dispute entre nous ! ». Pour leur fête commune, Jean choisit le 30janvier. Qui sont ces trois saints hiérarques?


Nés en Cappadoce, (la Turquie actuelle), ils sont entrés dans l’histoire sous le nom des « Trois Saints Hiérarques».

Basile le Grand

 

Il naquit en 329 à Césarée, capitale de la Cappadoce. Frère de Sainte Macrine, celle-ci lui fera des remontrances à propos de sa vie mondaine à Césarée, Constantinople et Athènes où, pendant ses études, il se lie d’amitié avec Grégoire de Nazianze. Il s’établit à Annesi avec Grégoire pour mener une vie cénobitique. Dans sa grande règle, il énonce : « Dieu veut que nous ayons besoin les uns des autres». Après son ordination comme évêque, il s’engage dans la lutte contre l’Arianisme qui s’attaquait aux relations des personnes de la Sainte Trinité. Il y trouve l’essence même de la foi chrétienne. Dans sa prédication, il met en lumière les grands thèmes sociaux de l’égalité foncière des hommes, de la dignité de la condition humaine, de la légitimité mais aussi des limites de la propriété. Sa doctrine est équilibrée, mais condamne la passion de posséder : « Posséder plus que nécessaire, c’est frustrer les pauvres, c’est voler».


Pendant la famine de 368, il vend ses terres et inaugure le quartier épiscopal de la charité appelé la Basiliade. Tout cela lui valut pas mal d’opposition. Affrontant un jour le délégué de l’empereur Valens qui s’indignait de son franc parler, il lui répliqua : Tu n’as sans doute jamais rencontré d’évêque. Voilà, un petit échantillon de sa personnalité.


Grégoire, appelé « le Théologien ».


Son père était évêque lorsqu’il naquit à Nazianze en 329 ou 330. Sa mère, Nonna, était très chrétienne. Il étudia jusqu’à l’âge de trente ans dans toutes les capitales des lettres et de la pensée. En 361, il fut ordonné prêtre par son vieux père évêque pour le seconder. Effrayé par sa charge, il s’enfuit chez Basile, qui, devenu évêque, créa un nouvel évêché à Sasines et y nomma Grégoire, ordonné évêque malgré lui. Prêtre contre son gré, le voici également évêque contre son gré. Après la mort de l’empereur Valens, Constantinople est aux mains des Ariens.

 
En novembre 380, Théodose l’installa comme unique évêque de Constantinople. Il sera ensuite investi de la présidence au deuxième Concile Œcuménique de Constantinople. Devant les intrigues ecclésiastiques, il se retire en 381, mais continue de diriger l’Eglise de Nazianze. Son retrait sera définitif en 383, mais jusqu’ à sa mort, en 390, il s’empresse à répondre à tous les appels.


Il écrivit beaucoup de discours, e.a. sur la Trinité, ce qui lui valut le nom de Théologien. Le théologien est celui qui proclame la divinité d’un être. Avec clarté et sérénité, il proclama la divinité du Père, du Fils et de l’Esprit. Il nous a laissé : Il faut honorer en silence la génération de Dieu. (Disc. 29, 8). Selon lui, les enfants qui, le jour des Rameaux, acclament la divinité du Christ, sont théologiens. Sa théologie témoigne de sa contemplation, issue du silence, qui s’exprime surtout en louange et par des hymnes. Il peut être bon de signaler qu’il fut également le défenseur des droits de la femme : Il peut arriver que la femme ait à faire l’éducation de son mari (Lettre à Olympias).


En guise de conclusion nous pouvons dire que Grégoire était théologien de la divinisation, amant de la Sainte Trinité et mystique.

 

Jean Chrysostome


Né vers 349 à Antioche, il fut éduqué par sa mère restée veuve à 20 ans. Il assista aux cours du plus célèbre des professeurs Libanius. Il s’enfuit au désert pour ne pas être ordonné avec son ami Basile. Sa santé ne résista pas à une vie d’ascèse trop dure aussi il revint. Ordonné diacre, puis prêtre, sa mission consistait en la prédication de la parole, il lui arrivait de prêcher pendant deux heures. On l’appela «chrysostome » c’est-à-dire, « bouche d’or ».

 

Il dénonçait tous les excès politiques, économiques et religieux. Quant aux belles parures des femmes, il fulminait disant qu’à cause d’elles des milliers de pauvres avaient faim. Lors de la mort de l’évêque de Constantinople, l’empereur Arcadius imposa Jean pour lui succéder, à l’encontre de l’évêque d’Alexandrie Théophile, qui vit son candidat évincé. Jean ne tarda pas à dénoncer les désordres de la cour et de l’église.

 

Objet de violentes oppositions, il finit par être envoyé en exil, puis rappelé par l’impératrice qui attribua sa fausse couche à cette mise à l’écart. Les intrigues reprirent. L’impératrice, comparée par Jean à Hérodiade, voulut en finir une bonne fois pour toutes avec lui, soutenue par les évêques opposés à Jean. L’empereur lui interdit d’exercer sa fonction épiscopale et l’envoya en exil à l’extrémité orientale de la Mer Noire de façon à ce qu’il ne puisse plus en revenir. La troupe impériale fut sans pitié pour lui, en route il mourut d’épuisement, à Comane, le 14 septembre 407, en disant: «Gloire à Dieu pour tout».

 

Jean était avant tout un pasteur, un homme pratique qui voulait appliquer sa connaissance à tous. Il était un familier de la pensée de Saint Paul. Il développa une théologie de la sainte Trinité à la portée de tous. Au sujet, plus concret, du mariage, après l’avoir déprécié, il en fit l’éloge en des paroles admirables.


Les trois hiérarques eurent ceci en commun. Leur lutte contre l’Arianisme, qui les obligea à développer une théologie claire du Mystère de la Sainte Trinité. Ils appuyèrent de tout leurs poids de pasteurs une doctrine sociale en faveur des pauvres, donnant eux-mêmes l’exemple. Tout en critiquant sévèrement les excès des puissants, ils manifestèrent une grande tendresse à l’égard des petites gens du peuple.

 

                                                                                                Archiprêtre Michel  Seliniotakis
Tag(s) : #Culte Orthodoxe - Ορθόδοξη Λειτουργία

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