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LE « NON »  DE LA GRECE  EN  1940

FETE  NATIONALE  GRECQUE

 

« La liberté est une sainte passion.
   Et une fois encore, en plein XXe siècle,
   elle a donné sa bataille,
   sur ce sol qui nous a nourris ».

Anguélos Terzakis, prosateur grec contemporain,
                                                                                                         

Peu de temps avant d’attaquer la Grèce officiellement, l’Italie avait fait preuve de sa fourberie par un crime immonde.
Le 15 août 1940 à Tinos, l’île sacrée de la Ste Vierge, où se trouve son icône miraculeuse, découverte par un miracle en 1823 dans un champs indiqué pendant des visions (Première vision au mois de février 1821, c’est-à-dire un mois avant l’explosion de la Guerre de l’Indépendance contre les Turcs), la Grèce célébrait, comme chaque année, la grande fête de la Dormition de la sainte Vierge et l’Etat Hellénique était représenté par un bateau de guerre, le croiseur « Helli »

A 8h30 du matin un sous-marin italien envoie sournoisement des mines contre le bateau grec, qui était accosté au port et dont l’équipage allait participer à la procession religieuse. A 9h50 le bateau « Helli » coulait en flammes et les premiers morts tombaient sur le débarcadère blessé aussi par les mines.

On peut voir aujourd’hui les fragments de ces mines, qui portent, gravé sur le métal, le nom de l’industrie italienne au Musée Maritime de la Grèce, au port de Zéa au Pirée. 

La Grèce (pays neutre), fut attaquée officiellement par l’Italie sur la frontière Nord-ouest (Albanie), le 28 octobre 1940 à 5h30 du matin, après un ultimatum, qui fut présenté au Premier Ministre Jean Métaxas à 3h.00 du matin, chez lui, par l’ambassadeur Italien.

Jean Métaxas en ce moment critique n’avait devant lui ni parlement, ni ministres, ni le  peuple Grec, mais il avait devant lui l’histoire millénaire de la Grèce et il répondit : « Non, nous ne vous laisserons pas passer ». Et depuis lors le 28 Octobre s’appelle le jour du « Non » et chaque année on le célèbre comme deuxième fête nationale. 

L’attaque eut lieu avant l’expiration de l’ultimatum, et tout de suite l’armée grecque peu nombreuse, qui se trouvait à la frontière, a défendu héroïquement  le sol de la patrie. C’était une guerre de puissances inégales. L’Italie, qui était à l’époque presqu’un empire, possédait en Albanie une armée de 100.000 soldats et la petite Grèce de 35.999. L’Italie avait 45.000.000 habitants et la Grèce 7.500.000. L’Italie avait 400   avions de guerre et la Grèce de 140, pas très bon.
La marine italienne en Méditerranée était la deuxième après celle de la Grande Bretagne et la Grèce avait 16 bateaux, de petite vitesse et seulement 6 sous-marins. Le front sur la frontière Albanaise était d’une largeur de 240 klm. Et du côté de la Grèce était très montagneux presque inaccessible et le transport de l’intendance et des soldats d’un côté à l’autre était très difficile, tandis que du côté de l’Albanie il y avait une route qui facilitait les transports.

Malgré les conditions difficiles dans lesquelles l’armée grecque combattait : montagnes abruptes, que même les mulets ne pouvaient pas monter, tempêtes de neige, mauvaise intendance dont le manque les obligeaient à combattre seulement au pain sec et très souvent sans chaussures, le moral des soldats était très élevé. Un reporter Anglais qui était au front a écrit : «  Les soldates Grecs vivent comme des saints et combattent comme des héros. » 
Toute l’humanité était restée stupéfiée devant les victoires de la petite Grèce, quand des pays beaucoup plus puissants et mieux équipés avaient succombé très rapidement. Le Président de l’Union Sud Africaine Jan Smuts avait dit alors : «  Jusqu’ici on disait que les Grecs combattent comme des héros, dorénavant on dira que les héros combattent comme des Grecs ». (« Manchester Guardian » 19-4-41)
Le général de gaulle disait : «  Le combat de la Grèce et ses exploits créent pour elle des droits incontestable. »
Le Ministre des Affaires Etrangères de la Grande Bretagne, Antony Eden disait : « Si le plan Méditerranéen de Hitler, qui a failli grâce à la résistance victorieuse de al Grèce, avait réussi l’attaque des Allemands contre la Russie aurait eu d’autres résultats. Les combattants du Pinde et les autres seront des guides avec ceux de Marathon, ils éclaireront dans les siècles à venir le monde entier. »
Le commandant suprême du Moyen Orient Wavell a dit : « Nous reconnaissons avec plaisir, que nos alliés les Grecs sont les premiers qui, par leurs victoires merveilleuses en Empire du Nord ont ouvert le chemin et ont donné des coups décisifs contre L’Italie fasciste. Ces succès n’avaient pas seulement une importance locale, mais ils ont influencé toute l’évolution de la guerre. La défense de la Crête a sauvé Chypre, la Syrie et l’Iraq et peut –être Tobrouk (Port de Libye)  

Comment peut-on expliquer cette réussite surhumaine ? C’est une explication qui dépasse la logique : c’était la foi orthodoxe qui renforçait, les soldats. C’était la Ste Vierge, qui apparaissait plusieurs fois en vision au front, pour leur donner courage. Elle qui avait été outragée par le Italiens lors de sa fête à Tinos. Ces batailles de géants qui, comme les historiens ont dit, ont été uniques dans l’histoire universelle, avaient pris un caractère religieux. (Un combattant, donc témoin oculaire, avait vu, ainsi que tout son régiment des « Evzones de la Grèce centrale », St George sur son cheval, leur ouvrir le chemin lors de la première attaque de l’armée grecque. Quand le régiment a eu cette vision a senti un tel enthousiasme frénétique qu’il a crié la fameuse exclamation guerrière des Grecs : « aéra » : « de l’air » et a commencé à courir en avant- St George est le patron de l’infanterie de l’armée hellénique.  Quand se combattant racontait cet événement 20 après, il frissonnait tout entier comme si  St. Georges était encore devant lui).

Ces soldats étaient ivres aussi d’histoire, tous les siècles et leurs ancêtres glorieux combattaient en eux. Ce fait fut très bien exprimé par le grand poète de la Grèce contemporaine, Costis Palamas, qui vivait encore :

Je n’ai d’autres mots à vous dire,
Je n’en ai qu’un :
Enivrez-vous avec le vin éternel
de « dix huit cent vingt et un »


La grande victoire des troupes grecques contre l’attaque du printemps 1941 (9-15 mars) que Mussolini avait minutieusement préparée, fut considérée la fin de la guerre pour l’Italie. C’est pourquoi Hitler décide finalement d’attaquer la Grèce à son tour. L’attaque des Allemands eut lieu à la frontière bulgare (Nord Est de la Grèce) contre la « ligne Métaxa » : œuvre de fortification superbe pour l’époque, que Jean Métaxas avait préparé en vitesse pendant les quatre ans de son gouvernement et avec le peu de moyens financiers dont la Grèce disposait. Ainsi le 6 avril 1941 la Grèce avait à combattre contre deux ennemis en même temps à deux fronts différents : l’un en Epire du Nord, où les troupes grecques avaient avancé victorieuses et l’autre sur la frontière bulgare. Cette fois c’en était trop et malgré une résistance héroïque de 4 jours, les Allemands sont entrés sur le sol de la Grèce, mais par la frontière Yougoslave, qui n’était pas gardée, car il y avait une alliance entre la Grèce et la Yougoslavie. La Yougoslavie ayant capitulé, a laissé le passage libre aux troupes allemandes, qui se sont trouvées derrière les soldats Grecs, qui ne les laissaient pas passer. Quand les officiers Allemands ont vu le petit nombre de ces défenseurs du pays, n’en pouvant croire aux yeux, leur ont accordé les honneurs militaires. Ainsi la Grèce avait droit à son drapeau pendant l’occupation allemande, puisque son drapeau n’a pas été déshonoré. Sur l’Acropole d’Athènes on voyait tous les jours les deux drapeaux côte à côte (grec et allemand), et les officiers Grecs avaient droit à leur uniforme et à leur épée.

Les Allemands, en descendant du Nord vers le Sud de la Grèce, ont rencontré de la résistance de la part des troupes grecques et du corps expéditionnaire britannique (des australiens et Néo-zélandais), qui était arrivé au dernier moment. La dernière bataille en Grèce fut donnée en Crète au mois de mai 1941, où toute la population de l’île a combattu contre les parachutistes Allemands. En Crète Hitler a perdu presque tous ses parachutistes, qui constituaient l’élite de son armée. La résistance héroïque des Crétois, des troupes grecques et des australiens était la cause du salut du moyen Orient et de Malte d’une attaque pareille, car après la « bataille de Crète », Hitler n’a plus jamais envoyé de parachutistes. Après la chute de Crète, le gouvernement grec et le roi, qui s’y trouvaient, sont partis en Egypte ainsi qu’une partie de l’armée hellénique et le reste de la flotte de guerre, pour continuer la lutte avec les alliés au Nord de l’Afrique. Les Grecs ont fait preuve d’héroïsme même en dehors du pays à la fameuse bataille du désert à El Alameïn, (50 Km à l’Ouest d’Alexandrie) en 1942 et à la bataille de Rimini en Italie au mois de Septembre 1944. La libération de la Grèce est venue du Sud comme les troupes ennemies reculaient peu à peu vers le Nord. La libération d’Athènes eut lieu le 12 Octobre 1944.

Pendant tout cet effort gigantesque de la Grèce pour la liberté, qui fut la cause de la victoire finale de L’Europe libre (fait historique reconnu par les personnalités diplomatiques, militaires et politiques de l’époque) la Turquie avait gardé une neutralité absolue ! N’est-ce pas donc une injustice envers l’Histoire que la Turquie possède aujourd’hui une présence au Conseil de l’Europe ? Voilà ce que le Ministre des Affaires Etrangères de la Grande Bretagne, Anthony Eden disait à l’époque (24.9.1942) de la Grèce :
 « La Grèce est la première qui a donné une leçon inoubliable à Mussolini, c’est elle qui a donné prise à la révolution nationale contre l’Axe en Yougoslavie, c’est elle qui a retardé les Allemands sur son sol continental et en Crète pendant six semaines, c’est elle qui a renversé l’ordre chronologique de tous les plans de l’état major allemand et c’est elle qui a apporté un changement radical à l’évolution de ses expéditions et peut être à l’issue même de la guerre ».

Cette petite Grèce qu’à l’époque tout le monde louait et que plus tard ses alliés ont trahie (surtout la Chypre), pour défendre sa liberté, et la liberté de l’Europe avait offert, seulement pendant la guerre contre les Italiens (28.10.1940 – 6.4.1941) :
 

 13308 morts et 42485 blessés  de l’armée
      201   »                       de la marine
         67   »                        de l’aviation.

Même Hitler avait reconnu lors de son discours au Reichstag le 5 mai 1941 : « De tous nos adversaires, qui nous ont affrontés, seul le soldat Grec a combattu avec un courage téméraire et un dédain suprême envers la mort ». Pendant ces combats (6.9 avril 1941) les Allemands n’ont fait aucun prisonnier.

Cependant les sacrifices en êtres humains étaient encore plus importants dans la population du pays. Le nombre des civils morts est 500.000, qui constituait à l’époque 12% de toute la population de la Grèce. Les réseaux routier et ferroviaire ont été complètement détruits et la marine marchande avait perdu 73% de sa capacité ; 1700 villages ont été complètement détruits. La Grèce ressemblait à un immense cimetière.

Mais l’âme grecque résistait d’une façon admirable. Quand les Allemands ont menacé l’Archevêque Damaskinos de le fusiller à cause de la résistance du peuple, il a répondu : « Dans ce pays les ennemis, de coutume, ne fusillent pas les évêques, ils les pendent ! »
« La triple occupation (allemande, italienne et bulgare) a causé 68000 exécutions, 190000 prisonniers et 88000 déportés.

La Grèce a offert aussi à la guerre du désert en Afrique du Nord :
 344 morts et 606 blessés de l’armée
 309 »                               de la marine
  89  »                               de l’aviation

Les sacrifices de la Grèce à la seconde guerre mondiale ont dépassés de beaucoup ses possibilités : 41% du revenu national fut perdu, un revenu qui, déjà au commencement de la guerre, était peu important.
 
La défaite de ces criminels (crimes du droit Commun) par un petit nombre de défenseurs Grecs a sauvé l’Europe libre. Une nouvelle « Salamine » eut lieu au carrefour situé au Sud-est de l’Acropole d’Athènes au mois de décembre 1944.
 
     

Vive le 28 octobre 1940 !

Vive la Nation Grecque !

Vive les  amis de la Grèce !

 
Archiprêtre-Instituteur 
Michel  Seliniotakis

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