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  LA VERSION FRACAISE SUIT LE TEXTE GREC A LA FIN DE L'ARTICLE

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TRADUCTION EN FRANCAIS

                                                  

  Discours pour la Fête Nationale Grecque du 28 octobre 1940 

 

 

Chers compatriotes et amis de la Grèce,

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         Aujourd’hui, nous célébrons le soixante-dixième anniversaire de la grande journée du 28 octobre 1940 et nous, Grecs de France, fils et petits – fils des héros de l’épopée de l’Albanie, nous faisons aujourd’hui πανηγυρική Δοξολογία et nous honorons cette grande fête, en même temps que nos frères du monde entier, dans notre patrie et au-delà de ses frontières.

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Nous montrons ainsi à tous non seulement notre continuité nationale et notre patriotisme honnête, mais aussi le fait que nous sommes préparés à résister sur tous les fronts où se jouent les idéaux de la Liberté, de la paix, de l’honneur et de la dignité des hommes et des peuples.

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Nous tirons les leçons de notre histoire, nous aidons les peuples qui vivent dans l’injustice et nous ordonnons à nos fils de suivre avec courage et détermination le chemin baigné du sang de nos ancêtres. Nous leur ordonnons de toujours tenir bien haut nos drapeaux honorés et de célébrer avec respect, honneur et fierté les créateurs des sacrifices et des jours historiques de notre histoire.

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La commémoration de notre passé, qui est toujours utile, devient aujourd’hui obligatoire et encore plus précieuse. Nous choisirons aujourd’hui de nous rappeler de certains éléments incontestables offerts par la grandeur culturelle grecque. Et ce non pour nous vanter, mais plutôt pour ne pas oublier que le NON ( OXI) que nous célébrons aujourd’hui n’est pas la réalisation hasardeuse d’un moment unique de l’histoire, mais plutôt un témoignage entre tant d’autres de la foi inébranlable de notre peuple dans la Liberté, la Démocratie et l’honneur de l’homme.

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Avez-vous par exemple essayé d’imaginer notre monde sans la mythologie grecque? Pas seulement sans les fables morales d’Esope, mais aussi, et surtout, sans la structure même sur laquelle les anciens ont tissé la vie, la mort, la justice, le courage, l’espérance, les vertus ? Cette croyance selon laquelle Dieu et l’homme coexistent et collaborent ensemble. Cette croyance selon laquelle la sagesse, la lumière, la Hestia, ont des origines divines et selon laquelle la transgression des valeurs spirituelles constitue une Hybris impardonnable par Dieu et par les hommes. Est-ce que la guerre des dieux contre les titans, l’histoire de Chronos qui dévora ses fils, les travaux d’Hercule ainsi que tout ce qui enseigne à l’homme de combattre pour transformer le monde du démoniaque au divin, du terrestre au céleste, est-ce que toutes ces histoires ne nous font pas réfléchir aujourd’hui encore? Aujourd’hui, au contraire, sont proposés le réalisme, le rationalisme et l’individualisme illimité.

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Tels étaient les principes de la folie de l’Italie et de l’Allemagne en 1940, et nous les avons jugés comme une hybris impardonnable, et avons préféré le sacrifice mythique voulu par Dieu. Et, comme par hasard, aujourd’hui, l’Allemagne et l’Italie appartiennent aux unions et coalitions européennes et internationales fondées, au moins en théorie, sur ces principes que nous avons défendus.

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Nos ancêtres sont passés du Mythos au Logos et à la pensée critique, au théâtre, à l’art et à la philosophie. Leur évolution constitue jusqu’à nos jours la base de la science, de la philosophie et de l’art de tous les pays et de tous les peuples de la terre. La terminologie, les idées, la méthodologie restent encore quasiment inaltérées et les influences grecques et byzantines se reconnaissent facilement dans les créations scientifiques et littéraires internationales, même quand elles sont usurpées et déformées par les ignorants et les falsificateurs payés par l’histoire.

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Mais où va alors Mussolini et comment ose-t-il attaquer avec ses armes et son peuple la source vitale de l’humanité sur terre?  Comment est-il possible d’étrangler la liberté d’expression, d’éliminer la liberté de pensée, de tuer la vie et de contrôler la création ? Comment est-il possible d’accepter comme des idéaux l’arrogance, la folie, le pouvoir du nombre et des armes ? En pensant précisément au grand Lysias, nous pouvons dire que nous sommes reconnaissants envers ces fous responsables de la seconde guerre mondiale, parce qu’ainsi ils ont donné la possibilité, à nous, petits et insignifiants, de défendre pour l’humanité les valeurs que partagent leurs grands poètes : Dante et Goethe.

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Dans cette petite rétrospective, il convient de ne pas oublier la politique. L’art de l’administration publique et l’art de la présentation des idées et de leur acceptation et application de la part des citadins de la « polis » ( cité) et du monde. La plus grande conquête de cet art, la Démocratie, qui naît et se développe en Grèce, pour devenir aujourd’hui, dans tous les pays de la terre, le système de gouvernement principal et le terrain le plus fécond et le plus idéal pour les recherches et les créations spirituelles, ainsi qu’une base stable de collaboration entre les peuples.

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Un système mis à l’essai dans l’antique Athènes, répandu avec succès durant le parcours culturel d’Alexandre Le Grand, apprécié durant la longue histoire de l’Empire byzantin par l’Eglise Orthodoxe Orientale comme un mode céleste de gouvernement, et puis passé dans l’Europe occidentale pour donner naissance à des événements colossaux, comme les Lumières, ou la Révolution française.
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Que voulaient les envahisseurs de notre pays en 1940? Annuler la Démocratie et la substituer par les variations fausses et vouées à l’échec de leurs pays ? Voulaient-ils que les déchets de la culture occidentale nourrissent ceux qui avaient trouvé le nectar et l’ambroisie des Dieux et des Hommes ?

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Le "NON" de 1940 restera pour tous les peuples un symbole de la défense de la Démocratie et de la Liberté, la négation de chaque génocide et de chaque type d’idéologie fasciste qui insulte l’homme.

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Aujourd’hui, on peut encore, malgré les possibles objections, considérer l’Europe comme une union fondamentalement chrétienne, et l’Europe de 1940 l’était encore davantage. Sans aller trop en profondeur, nous avons le droit de poser à cette Europe chrétienne, et de la même façon aux Etats-Unis, la question suivante : qu’aurait été l’Europe sans la langue et la culture grecques, sans l’apôtre Paul qui y a emmené les lumières gréco-chrétiennes ? Que signifie la Renaissance sans les classiques de l’antiquité, et sans les savants byzantins qui arrivèrent en Occident au XVème et au XVIème siècles? Selon quelle logique chrétienne a-t-on permis et facilité l’extermination de Grecs orthodoxes dans la Turquie de 1922, le massacre de Chypre en 1974, l’élimination de la communauté grecque de Constantinople en 1955, les barbaries infligées au Patriarcat Œcuménique et la fermeture de l’Ecole Théologique de Chalki ? Chrétiens contre chrétiens durant les deux guerres mondiales, et ce pour la plus grande joie des Turcs et des musulmans, et avec tous les peuples d’Afrique et d’Asie qui considèrent le christianisme comme l’assassin le plus féroce des peuples, des cultures et des droits de l’homme.

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Non! Nous, avec le sacrifice de nos pères, avons refusé cette honte et avons offert du sang innocent par notre mission de martyre chrétien. C’est pour cela que nous soutenons que l’Europe d’aujourd’hui ne pourra jamais trouver sa propre identité si elle ne se met pas à étudier de nouveau l’esprit grec antique, les Pères de l’Eglise orthodoxe et notre histoire grecque.

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L’Europe à majorité chrétienne ne peut pas s’édifier sur le pouvoir et l’injustice, mais bien plutôt sur la vertu et la vérité de l’antiquité, sur l’amour et le fraternalisme de l’Evangile, et sur le respect des peuples et des cultures. Sur des valeurs que partagent et défendent tous les peuples libéraux et pacifiques du monde.

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Il semblerait que la violence et la barbarie de 1940 soient encore présentes. La troisième guerre mondiale n’a peut-être pas éclaté ouvertement. Une autre guerre, cependant, menace aujourd’hui non seulement la Grèce, mais aussi l’homme et ses idéaux, mais aussi la vie et la planète mêmes. L’unique obstacle reste l’équilibre de la terreur et la peur d’une destruction totale. L’injustice sociale est toutefois une réalité internationale. L’oppression économique qui est train d’éléminer les peuples petits, faibles et pauvres, est le fruit de la rivalité des puissants.

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Mais nos idées et nos idéaux qui durent à travers les siècles sont toujours adoptés par les politiciens et les philosophes, par les écrivains et combattants du monde entier et sont récompensés par des Unions et Organisations internationales. Peut-être que le mal n’a pas encore été vaincu. Le NON des Grecs de 1940 n’appartient plus aujourd’hui seulement à nous. C’est une force, c’est un drapeau, c’est une bataille des pauvres et des opprimés qui est en train de se dérouler et qui attend notre participation. L’Allemagne même avait organisé il y a quelques années seulement dans notre ville une manifestation dont le slogan était : NON à la violence et au terrorisme.

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Réjouissez-vous, Grecs, de ce que vous êtes, de ce que vous faites pour la Grèce et pour le monde ! Continuez votre futur parcours, fiers et courageux, libres et humains, dignes descendants des dignes ancêtres.

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Rappelons-nous la chanson de Nikos Portakaloglou!

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Nous resterons là, nous ne partirons pas, ô Patrie, poursuivie par tous ! Nous ferons la garde et nous diviserons notre pauvreté, nos besoins et notre colère ! Nous ne t’abandonnerons jamais !

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“ Dans tes yeux, Patrie crucifiée, tu vis la lumière de la résurrection”.

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Vive le 28 octobre 1940!

Vive la Grèce!
Vive l’hellénisme de France !

 

 

    Michel Seliniotakis
Enseignant  de l’école grecque de Nice

 

Tag(s) : #Actualité régionale - Τοπική Επικαιρότητα

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